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Les paraboles de Jésus

Chapitre 18

Dans les chemins et le long des haies

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Un jour, le Sauveur fut invité à un festin donné par un pharisien. Il acceptait d'aller chez les riches aussi bien que chez les pauvres, et selon son habitude, il illustrait ses enseignements par les scènes qu'il avait sous les yeux. Chez les Juifs, les repas sacrés coïncidaient avec les dates fixées pour les réjouissances nationales et religieuses. C'était pour eux un symbole des bénédictions de la vie éternelle. Le grand festin où ils devaient s'asseoir avec Abraham, Isaac et Jacob, tandis que les païens les regarderaient du dehors avec envie, était un sujet sur lequel ils s'étendaient avec complaisance. À travers la parabole des conviés, Jésus leur transmit l'avertissement qu'il désirait leur donner. Les Juifs s'attribuaient le monopole des bénédictions de Dieu, présentes et futures. D'après eux, les autres nations n'avaient pas droit à la miséricorde divine. Mais le Christ leur enseigna par cette parabole qu'ils étaient précisément en train de repousser l'appel à entrer dans le royaume des cieux. Cette invitation qu'ils avaient dédaignée serait adressée à ceux qu'ils méprisaient et dont ils évitaient le contact, comme s'ils étaient lépreux.

Dans le choix de ses invités, le pharisien s'était surtout laissé guider par ses intérêts personnels. Jésus lui dit : « Lorsque tu donnes à dîner ou à souper, n'invite pas tes amis, ni tes frères, ni tes parents, ni des voisins riches, de peur qu'ils ne t'invitent à leur tour et qu'on ne te rende la pareille. Mais, lorsque tu donnes un festin, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles. Et tu seras heureux de ce qu'ils ne peuvent pas te rendre la pareille : car elle te sera rendue à la résurrection des justes. » (Luc 14:12-14)

Le Christ répétait ainsi les instructions qu'il avait données à Israël par l'intermédiaire de Moïse. Voici les directives auxquelles on devait se conformer lors des solennités : « Alors viendront ... l'étranger, l'orphelin et la veuve, qui seront dans tes portes, et ils mangeront et se rassasieront. » (Deutéronome 14:29)

Ces assemblées devaient servir de leçons de choses à Israël qui, après avoir appris à goûter les joies de l'hospitalité, devait pendant toute l'année prendre soin des pauvres et des déshérités. Ces fêtes contenaient encore un enseignement plus riche. Les bénédictions spirituelles accordées aux Israélites n'étaient pas seulement pour eux; le Seigneur leur avait donné le pain de vie pour qu'ils le communiquent au monde.

Mais ils n'accomplirent pas leur mission. Les paroles du Christ constituaient un blâme pour leur égoïsme, aussi déplurent-elles souverainement aux pharisiens. Espérant détourner la conversation, l'un des convives s'écria en prenant un air de sainteté : « Heureux celui qui prendra son repas dans le royaume de Dieu. » (Luc 14:15) Cet homme s'était exprimé avec une parfaite assurance, comme s'il avait été certain d'avoir une place dans le royaume. Son attitude ressemblait curieusement à celle des chrétiens qui se réjouissent d'être sauvés par le Christ, alors qu'ils ne font rien pour se conformer à ses enseignements. Quand le pharisien priait, il avait l'esprit de Balaam : « Que je meure de la mort des justes, et que ma fin soit semblable à la leur! » (Nombres 23:10) Il ne songeait pas à se préparer pour le ciel; il pensait uniquement aux joies qu'il comptait y trouver. Sa réflexion était destinée à détourner l'attention des autres convives du devoir qui leur incombait. Il voulait leur faire oublier les exigences présentes en les transportant à l'époque encore lointaine de la résurrection des justes.

Jésus lisait dans le coeur de ce prétentieux, et, fixant sur lui les regards, il développa devant ces gens réunis la nature et la valeur de leurs privilèges actuels. Il leur montra que la félicité future était conditionnée par l'accomplissement de leurs devoirs immédiats.

« Un homme, dit-il, donna un grand souper, et il invita beaucoup de gens. Lorsque le jour des festivités arriva, l'hôte envoya son serviteur pour renouveler son invitation par ce second message : « Venez, car tout est déjà prêt. » Mais il fut reçu avec une étrange indifférence : « Tous unanimement se mirent à s'excuser. Le premier lui dit : J'ai acheté un champ, et je suis obligé d'aller le voir; excuse-moi, je te prie. Un autre dit : J'ai acheté cinq paires de boeufs, et je vais les essayer; excuse-moi, je te prie. Un autre dit : Je viens de me marier, et c'est pourquoi je ne puis aller. » (Luc 14:16-20)

Aucune de ces excuses n'était fondée sur une réelle nécessité. Celui qui devait aller visiter son lopin de terre l'avait déjà acheté. Sa hâte de le voir était due au fait qu'il avait mis tout son coeur dans cette acquisition. Les boeufs aussi avaient été achetés, et c'était pour sa seule satisfaction personnelle que le fermier allait les essayer. La troisième excuse n'avait pas plus de valeur que les deux autres : le mariage n'était pas une raison pour décliner l'invitation, car la femme aurait également été la bienvenue; mais l'époux avait des projets de réjouissances dont il se promettait plus de joie que du banquet en question. Il avait appris à trouver du plaisir dans une autre compagnie que celle de son hôte. Il ne présenta pas d'excuses et ne se conforma même pas à la plus élémentaire politesse. Dire : « je ne puis » n'était qu'une manière de voiler la vérité : « Je n'ai aucune envie d'y aller. »

Toutes ces excuses révèlent un esprit préoccupé. Ces différents invités s'étaient laissé absorber entièrement par d'autres intérêts. Ils refusaient l'invitation qu'ils avaient d'abord acceptée et offensaient leur généreux ami par leur attitude désinvolte.

En proposant la parabole du grand souper, Jésus a voulu évoquer les bénédictions offertes par l'Évangile. La substance de ce festin n'est rien de moins que le Christ lui-même. Il est le pain descendu du ciel, et c'est de lui que découlent les sources du salut. Les messagers de l'Éternel avaient annoncé à Israël la venue du Sauveur et désigne Jésus comme « l'agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde » (Jean 1:29).Dans le banquet préparé par lui, le Seigneur présentait le don le plus excellent que le ciel pût offrir, un don d'une valeur inestimable. C'est l'amour de Dieu qui avait couvert les frais du festin. « Si quelqu'un mange de ce pain, dit le Christ, il vivra éternellement. » (Jean 6:51)

Mais pour accepter l'invitation au festin évangélique, il faut subordonner ses intérêts temporels à la réception du Christ et de sa justice. Dieu donne tout en faveur de l'homme, et il lui demande un service qui soit au-dessus de toute considération personnelle et matérielle. Il ne peut agréer un coeur partagé. Un coeur absorbé par des préoccupations terrestres ne saurait s'abandonner à Dieu.

Cette leçon vaut pour tous les temps. Nous devons suivre l'Agneau de Dieu où qu'il aille, nous laisser diriger par lui, préférer sa compagnie à celle de nos amis. N'est-ce pas lui qui a dit : « Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n'est pas digne de moi, et celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n'est pas digne de moi. » (Matthieu 10:37)

Autour de la table familiale, quand ils rompaient le pain quotidien, nombreux étaient les contemporains de Jésus qui disaient : « Heureux celui qui prendra son repas dans le royaume de Dieu. » Mais le Christ montra combien il était difficile de trouver des invités pour la table qui avait été dressée au prix d'un sacrifice infini. Ceux qui écoutaient ses paroles éprouvaient le sentiment d'avoir négligé les appels de la miséricorde. Les biens de la terre et les plaisirs occupaient toutes leurs pensées. C'est unanimement qu'ils s'étaient excusés.

Il en est encore ainsi de nos jours. Les excuses présentées pour décliner l'invitation au souper recouvrent l'ensemble de celles que l'on invoque pour repousser les appels de l'Évangile. Les uns prétendent qu'ils ne peuvent pas compromettre leur prospérité matérielle pour satisfaire aux exigences de la Vérité. Ils attachent plus d'importance à leurs intérêts personnels immédiats qu'aux réalités éternelles. Les bénédictions mêmes qu'ils ont reçues du ciel deviennent ainsi une barrière qui les sépare de leur Créateur et Rédempteur. Ils ne consentent en aucune manière à renoncer à leurs projets, et ils répondent au messager porteur de l'invitation miséricordieuse : « Pour le moment retire-toi quand j'en trouverai l'occasion, je te rappellerai. » (Actes 24:25) D'autres objectent les difficultés qu'ils rencontreraient dans leur entourage s'ils obéissaient à Dieu; ils ne peuvent pas, disent-ils, se permettre d'agir autrement que leurs parents et leurs amis. Ils ressemblent en tout point aux personnages dont parle la parabole. Le Maître est sensible au mépris qui se cache dans leurs futiles excuses.

L'invité qui répond : « Je viens de me marier, et c'est pourquoi je ne puis aller », représente une forte proportion d'êtres humains. Ils sont nombreux, en effet, ceux qui permettent à une femme ou à un mari de les empêcher de répondre aux appels de Dieu. Le mari dira : « Je ne peux suivre ma conviction tant que ma femme s'y opposera. Son influence me créerait de trop grandes difficultés. » La femme entend cet appel miséricordieux : « Viens, car tout est prêt », et elle répond : « Je te prie de m'excuser. Mon mari décline l'invitation de ta grâce. Il dit que ses affaires ne lui permettent pas de l'accepter. Je dois le suivre, je ne puis donc pas venir. » Les enfants sont impressionnés, et ils désirent se rendre au festin; mais comme ils aiment leurs parents et que ceux-ci repoussent les appels de l'Évangile, ils pensent qu'on ne peut s'attendre qu'ils y aillent seuls. Eux aussi disent : « Excuse-moi. »

Tous ceux-là rejettent l'appel du Sauveur parce qu'ils redoutent la division dans le cercle de la famille. En refusant d'obéir à Dieu, ils croient assurer leur tranquillité et leur prospérité; mais c'est une illusion. Celui qui sème l'égoïsme moissonnera l'égoïsme. En repoussant l'amour du Christ, ils écartent le seul élément qui puisse purifier et stabiliser l'amour humain. Non seulement ils sacrifient le ciel, mais ils ne jouiront jamais véritablement de ce qu'ils ont préféré au ciel.

Dans la parabole, quand le maître de la maison apprend l'accueil qu'a reçu son invitation, irrité, il dit à son serviteur : « Va promptement dans les places et dans les rues de la ville, et amène ici les pauvres, les estropiés, les aveugles et les boiteux. » (Luc 14:21)

Il se détourne de ceux qui ont méprisé sa bonté et invite les déshérités, ceux qui n'ont ni maisons ni terres : les pauvres, les affamés, ceux qui apprécieront ses largesses. « Les publicains et les prostituées vous devanceront dans le royaume de Dieu » (Matthieu 21:31), dit le Christ. Quels que soient la misère morale d'un homme et le mépris dont il est l'objet de la part de ses semblables, il ne peut être tombé trop bas pour que l'amour et la sollicitude de Dieu s'exercent en sa faveur. Jésus aime voir venir à lui ceux qui sont minés par les soucis et les préoccupations de l'existence, qui sont fatigués et opprimés. Il n'a qu'un désir : leur procurer la lumière, la joie et la paix qui se trouvent en lui seul. Les plus grands pécheurs sont l'objet de sa profonde compassion et de son amour. Cherchant à les attirer à lui, il envoie son Esprit-Saint qui les entoure de sa tendresse.

Le serviteur chargé d'amener des pauvres et des aveugles donne son rapport : « Maître, ce que tu as ordonné a été fait, et il y a encore de la place. Et le maître dit au serviteur : Va dans les chemins et le long des haies, et ceux que tu trouveras, contrains-les d'entrer, afin que ma maison soit remplie. » (Luc 14:22,23) Le Christ fait ici clairement allusion à la proclamation de l'Évangile en dehors de la sphère du judaïsme, sur les grands chemins et le long des sentiers du monde.

Conformément à cet ordre, Paul et Barnabas déclarèrent aux Juifs : « C'est à vous premièrement que la parole de Dieu devait être annoncée; mais, puisque vous la repoussez, et que vous vous jugez vous-mêmes indignes de la vie éternelle, voici, nous nous tournons vers les païens. Car ainsi nous l'a ordonné le Seigneur : Je t'ai établi pour être la lumière des nations, pour porter le salut jusqu'aux extrémités de la terre. Les païens se réjouissaient en entendant cela, ils glorifiaient la parole du Seigneur, et tous ceux qui étaient destinés à la vie éternelle crurent. » (Actes 13:46-48)

Le message évangélique délivré par les disciples du Christ était la proclamation de sa première venue dans le monde. Il apportait la bonne nouvelle du salut par la foi en lui. Il annonçait son retour en gloire pour racheter son peuple et donnait aux hommes l'espérance de participer par la foi et l'obéissance à l'héritage des saints dans la lumière. Ce message est toujours actuel. Il se double aujourd'hui d'un avertissement relatif à l'imminence de la seconde venue du Seigneur. Les signes précurseurs qu'il avait lui-même donnés se sont accomplis et nous pouvons savoir par les Écritures que Jésus-Christ est à la porte.

Dans l'Apocalypse, Jean prédit en ces termes la proclamation de l'Évangile à la veille du retour du Christ : « Je vis un autre ange qui volait par le milieu du ciel, ayant un Évangile éternel, pour l'annoncer aux habitants de la terre, à toute nation, à toute tribu, à toute langue, et à tout peuple. Il disait d'une voix forte : Craignez Dieu et donnez-lui gloire, car l'heure de son jugement est venue; et adorez celui qui a fait le ciel, et la terre, et la mer, et les sources d'eaux. » (Apocalypse 14:6,7)

Dans la prophétie, cette mise en garde à propos du jugement et les messages qui l'accompagnent sont suivis de l'apparition du Fils de l'homme sur les nuées des cieux. La proclamation du jugement constitue l'annonce de la proximité de la venue du Seigneur. Or, cette proclamation est appelée Évangile éternel. La prédication relative au retour imminent du Christ constitue donc une partie essentielle du message évangélique.

La Bible déclare que dans les derniers jours les hommes seront absorbés par leurs affaires, les plaisirs et le souci de gagner de l'argent. Ils auront les yeux fermés aux réalités éternelles. « Ce qui arriva du temps de Noé arrivera de même à l'avènement du Fils de l'homme. Car, dans les jours qui précédèrent le déluge, les hommes mangeaient et buvaient, se mariaient et mariaient leurs enfants, jusqu'au jour où Noé entra dans l'arche; et ils ne se doutèrent de rien, jusqu'à ce que le déluge vint et les emportât tous il en sera de même à l'avènement du Fils de l'homme. » (Matthieu 24:37-39)

Il en est de même aujourd'hui. Les hommes recherchent avec frénésie les richesses et les plaisirs égoïstes comme s'il n'y avait ni Dieu, ni ciel, ni au-delà. Au temps de Noé, l'annonce du déluge devait amener les hommes à s'effrayer de leur méchanceté et les appeler à la repentance. Ainsi, le message du retour prochain du Christ doit détourner les hommes de leur attachement aux choses terrestres. Il a pour but de les éveiller à la perception des réalités éternelles et de les inciter à prendre garde à l'invitation du Seigneur.

L'invitation évangélique est à transmettre au monde entier, « à toute nation, à toute tribu, à toute langue et à tout peuple » (Apocalypse 14:6). Il faut que le dernier message d'avertissement et de miséricorde éclaire toute la terre de sa gloire, qu'il pénètre toutes les couches de la société, riches et pauvres, grands et petits : « Va dans les chemins et le long des haies, dit le Christ, et ceux que tu trouveras, contrains-les d'entrer, afin que ma maison soit remplie. »

Le monde meurt faute de connaître l'Évangile. Une famine de la parole de Dieu sévit. Ils sont rares, en effet, ceux qui prêchent le message divin sans y mêler des traditions humaines. Tout en possédant la Bible, les hommes ne reçoivent pas les bienfaits que le Seigneur y a placés à leur intention. Dieu a chargé ses serviteurs de porter son invitation an monde. Il faut que les paroles de vie soient transmises à ceux qui périssent dans leurs péchés.

En donnant l'ordre d'aller dans les chemins et le long des haies, le Christ précise la mission de tous ceux qu'il appelle à son service. La terre entière est le champ où ils doivent exercer leur activité. Toute la famille humaine est représentée au sein de leur communauté. Le Seigneur désire que sa parole de grâce soit offerte à chaque âme.

Le travail personnel entre pour une grande part dans cette oeuvre. C'était la méthode du Sauveur. Son ministère comportait beaucoup de contacts individuels. Il aimait particulièrement les entretiens en tête à tête. Ainsi, par l'intermédiaire d'une seule âme, le message pouvait fréquemment toucher des milliers de gens.

Nous ne devons pas attendre que l'on vienne à nous. Il faut aller chercher les hommes là où ils se trouvent. Quand la parole a été prêchée du haut de la chaire, le travail ne fait que commencer. Des multitudes ne seront jamais touchées par l'Évangile si nous n'allons pas le leur annoncer.

L'invitation au festin avait tout d'abord été envoyée au peuple juif, appelé à être l'instructeur et le conducteur des autres nations. Il était le dépositaire des rouleaux sacrés qui annonçaient la venue du Messie; il avait aussi la charge des services symboliques préfigurant sa mission. Si les prêtres et le peuple avaient répondu à l'invitation du Christ, ils se seraient unis à ses messagers pour la transmettre au reste du monde. La vérité leur avait été envoyée pour qu'ils la communiquent à d'autres. Comme ils repoussèrent l'appel, celui-ci fut adressé aux pauvres, aux infirmes, aux boiteux et aux aveugles. Les publicains et les gens de mauvaise vie l'acceptèrent. Lorsque cet appel est transmis aux païens, le même plan est suivi : le message est tout d'abord proclamé dans les places et dans les rues, c'est-à-dire à ceux qui jouent un rôle prédominant dans le monde, pour enseigner et conduire le peuple.

Les serviteurs du Seigneur feraient bien de s'en souvenir. L'invitation doit être présentée aux bergers du troupeau, aux hommes qui ont reçu de Dieu la mission d'enseigner, comme une parole qu'ils doivent prendre en considération. Ceux qui appartiennent aux classes supérieures de la société doivent être cherchés et conviés avec affection et sollicitude. Des hommes engagés dans les affaires et occupant des postes de confiance, des hommes de science et de génie, des prédicateurs de l'Évangile dont l'esprit n'a pas encore été attiré sur les vérités particulières pour notre époque : voilà les premiers qui devraient entendre l'invitation. Il faut leur en faire part.

Nous devons accomplir une oeuvre auprès des riches. Puisqu'ils sont les dépositaires des biens que le ciel leur a confiés, il convient d'éveiller en eux le sens de leur responsabilité. Il faut leur rappeler qu'ils auront un jour à rendre compte de leur fortune à celui qui juge les vivants et les morts. Les riches ont besoin que vous travailliez pour leur âme dans l'amour et la crainte du Seigneur. Ils se fient trop souvent à leurs biens, sans discerner le danger qu'ils courent. Leurs regards doivent être attirés vers les richesses impérissables. Il faut qu'ils apprennent à reconnaître l'autorité de la bonté véritable qui dit : « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos. Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble de coeur; et vous trouverez du repos pour vos âmes. Car mon joug est doux, et mon fardeau léger. » (Matthieu 11:28-30)

On s'adresse rarement de façon personnelle à ceux qui occupent de hautes positions du fait de leur culture, de leur fortune ou de leur profession. Beaucoup de prédicateurs de l'Évangile hésitent à s'approcher d'eux et à leur parler de leurs intérêts éternels. Mais il ne devrait pas en être ainsi. Si un homme tombe à l'eau, nous ne le laisserons pas se noyer, qu'il soit notaire, marchand on juge. Si des gens se ruent vers un précipice, nous n'hésiterons pas à les retenir, quel que soit leur rang social. Nous ne devons pas non plus hésiter à avertir les hommes des périls qui guettent leur âme.

Nul ne doit être négligé sous prétexte qu'il semble absorbé par les biens d'ici-bas. Nombreux sont les grands de ce monde dont le coeur est meurtri et qui sont las de cette vie de vanité. Ils soupirent après une paix qu'ils ne possèdent pas. Dans les classes les plus élevées de la société, des âmes ont faim et soif de salut. Beaucoup accepteraient le secours d'un messager du Seigneur s'il se présentait à eux personnellement d'une manière courtoise, avec un coeur rempli de l'amour de Jésus-Christ.

Le succès du message évangélique ne dépend pas de discours savamment conçus, d'éloquents témoignages ou d'une argumentation serrée, mais de la simplicité avec laquelle il est délivré et de son adaptation à ceux qui ont faim du pain de vie. « Que dois-je faire pour être sauvé? » -- voilà comment s'exprime le besoin profond de l'être humain.

Des milliers de personnes peuvent être touchées de la façon la plus humble. Les hommes et les femmes les plus cultivés, ceux que l'on considère comme les mieux doués, sont souvent vivifiés par les simples paroles d'une âme qui aime Dieu et qui peut parler de cet amour aussi naturellement que l'homme du monde s'entretient de ses intérêts les plus chers.

Souvent, les discours les mieux préparés ne produisent que peu d'effet; mais le témoignage loyal et sincère d'un fils ou d'une fille de Dieu, délivré avec une simplicité naturelle, a la puissance d'ouvrir des portes longtemps fermées au Christ et à son amour.

Que celui qui accomplit l'oeuvre du Seigneur se rappelle qu'il ne doit pas compter sur sa propre force. Qu'il ait recours à Dieu avec foi en sa puissance salvatrice. Qu'il combatte avec lui dans la prière et fasse usage de tous les moyens que le Seigneur met à sa disposition. Le Saint-Esprit donnera de l'efficacité à ses travaux, et les anges du ciel seront à ses côtés pour toucher les coeurs.

Sites principaux de Jérusalem et les conducteurs religieux avaient répondu à l'appel de Jésus, quel centre missionnaire cette ville serait devenue! Israël, se détournant de son apostasie, se serait converti et une puissante armée se serait constituée pour la cause de Dieu. Avec quelle rapidité l'Évangile n'aurait-il pas atteint les extrémités de la terre! Si donc, de nos jours, des hommes influents et capables étaient gagnés à la cause du Christ, ils accompliraient une oeuvre admirable en faveur des pécheurs et de ceux qui sont rejetés par la société, et répandraient partout la bonne nouvelle du salut. L'invitation serait transmise avec promptitude et les conviés ne tarderaient pas à se grouper autour de la table du Seigneur.

Mais il ne faut pas penser seulement aux hommes influents et négliger les autres. Jésus recommande aussi à ses messagers d'aller dans les chemins et le long des haies, vers les pauvres et les humbles de la terre. Dans les cours et les ruelles de nos grandes cités, dans les chemins écartés des campagnes, il y a des familles et des individus -- peut-être des solitaires en pays étrangers qui ne font partie d'aucune église et qui, dans leur isolement, en viennent à penser que Dieu les a oubliés. Ils ne savent que faire pour être sauvés. Beaucoup sont plongés dans le péché; beaucoup se trouvent dans la misère, la souffrance, le besoin, l'incrédulité, le découragement, la maladie physique et morale. Ils aspirent à trouver le baume qui pansera leurs blessures. Satan les pousse à le rechercher dans la luxure et les plaisirs qui consommeront leur déchéance et leur mort. Il leur tend les pommes de Sodome qui se changent en amertume dès qu'ils les portent à leur bouche. Ils dépensent leur argent pour ce qui ne nourrit pas, et ils travaillent pour ce qui ne rassasie pas.

Nous devons voir dans ces êtres souffrants ceux que Jésus est venu sauver. C'est à eux qu'il dit : « Vous tous qui avez soif, venez aux eaux, même celui qui n'a pas d'argent! Venez, achetez et mangez, venez, achetez du vin et du lait, sans argent, sans rien payer!... Écoutez-moi donc, et vous mangerez ce qui est bon, et votre âme se délectera de mets succulents. Prêtez l'oreille, et venez à moi, écoutez, et votre âme vivra. » (Ésaïe 55:1-3)

Dieu nous a tout spécialement recommandé d'avoir des égards pour les étrangers, les proscrits et ceux qui sont faibles de caractère. Bien des gens qui semblent indifférents à toute question religieuse aspirent dans leur coeur au repos et à la paix. Plongés dans les bas-fonds du péché, ils peuvent néanmoins être sauvés.

Les serviteurs du Christ doivent imiter son exemple. En se rendant de lien en lieu, Jésus consolait les affligés et guérissait les malades. Puis il leur présentait les grandes vérités relatives à son royaume. C'est aussi la mission qu'il a confiée à ses disciples. En soulageant les corps, vous trouverez le moyen de subvenir aux besoins des âmes. Vous pourrez attirer l'attention du monde sur le Sauveur crucifié et parler de l'amour du grand Médecin qui, seul, a le pouvoir de guérir.

Dites aux malheureux en proie an découragement qu'il y a de l'espoir pour eux. Malgré leurs égarements et les lacunes de leur caractère, Dieu a encore une joie en réserve pour celle du salut qu'il offre. Il prend plaisir à se servir de matériaux apparemment impropres à tout usage, qui ont été les instruments de Satan, pour en faire les bénéficiaires de sa grâce. Il se réjouit en les délivrant de la colère qui fondra sur tous ceux qui lui ont désobéi. Il faut leur dire qu'il y a guérison et purification pour tous. Il y a une place pour eux à la table du Seigneur. Celui-ci attend de pouvoir leur souhaiter la bienvenue.

Ceux qui vont par les chemins et le long des haies rencontreront des personnes d'un caractère bien différent, qui ont besoin de leur ministère. Il y a des âmes qui marchent dans toute la lumière qu'elles ont reçue et qui servent Dieu de leur mieux. Se rendant compte de la grande oeuvre qui reste encore à faire en elles et chez ceux qui les entourent, elles aspirent à connaître Dieu toujours plus parfaitement, mais elles n'ont fait qu'entrevoir les premières lueurs d'une clarté plus vive. Elles prient Dieu avec larmes, le suppliant de leur donner la bénédiction que leur foi discerne dans le lointain. On trouvera nombre de ces gens an sein de la corruption des grandes villes. Beaucoup passent inaperçus à cause de leur condition extrêmement modeste. Il en est plusieurs dont les prédicateurs et les églises ne savent rien. Mais dans ces lieux humbles et misérables, ils sont les témoins du Seigneur. Peut-être n'ont-ils reçu que peu de lumière et n'ont-ils guère eu l'occasion de former un caractère chrétien; mais dans leur nudité, en butte à la faim et au froid, ils s'efforcent de venir en aide a d'autres. Que les dispensateurs de la grâce infiniment variée de Dieu recherchent ces âmes, qu'ils visitent leurs foyers et subviennent à leurs besoins par la puissance du Saint-Esprit! Étudiez la Bible avec elles et priez ensemble avec la simplicité que communique l'Esprit de Dieu. Le Christ donnera à ses serviteurs un message qui sera pour elles comme le pain du ciel. Ses précieuses bénédictions se transmettront de coeur à coeur, de famille en famille.

On a souvent mal interprété l'ordre donné dans la parabole : « Contrains-les d'entrer. » Certains ont cru qu'il fallait obliger les gens à accepter l'Évangile. Mais cette parole montre plutôt la nature pressante de l'invitation et l'efficacité des encouragements donnés. L'Évangile n'a jamais employé la force pour conduire les âmes au Christ. Voici quel est son message : « Vous tous qui avez soif, venez aux eaux. » « L'Esprit et l'épouse disent : Viens.... Que celui qui veut prenne de l'eau de la vie, gratuitement. » (Ésaïe 55:16; Apocalypse 22:17) Nous sommes contraints à venir à Jésus par la puissance de la grâce et de l'amour divins.

Le Sauveur déclare : « Voici, je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, j'entrerai chez lui, je souperai avec lui, et lui avec moi. » (Apocalypse 3:20) Il ne se laisse pas rebuter par le mépris ni effrayer par les menaces, mais il cherche constamment les égarés, en disant : « Comment pourrais-je t'abandonner? » (Osée 11:8 , version Synodale) Bien que repoussé par un coeur endurci, Jésus se fait entendre avec plus d'insistance encore : « Voici, je me tiens à la porte, et je frappe. » La force irrésistible de son amour contraint l'homme à entrer dans la salle du banquet. Aussi dit-il au Christ : « Je deviens grand par ta bonté. » (Psaume 18:36)

Le Christ communiquera à ses serviteurs l'amour ardent qu'il témoigne dans la recherche de ceux qui se perdent. Il ne suffit pas de dire simplement : « Venez, car il y a des âmes qui entendent l'appel sans en pénétrer le sens. Leur compréhension est trop lente et trop faible pour discerner les bénédictions qui les attendent. Beaucoup de gens ont conscience de leur triste condition morale et disent : « Laissez-moi, car je ne suis pas digne de votre aide. » Mais les messagers de la bonne nouvelle ne doivent pas abandonner la partie. Avec amour et mansuétude, ils ont à s'approcher de ceux qui sont découragés et délaissés. Communiquez-leur votre courage, votre espérance, votre force. Avec bonté, contraignez-les d'entrez. « Reprenez les uns, ceux qui contestent; sauvez-en d'autres en les arrachant du feu; et pour d'autres encore, ayez une pitié mêlée de crainte. » (Jude 22,23)

Notre message aura de l'efficacité si nous marchons avec Dieu par la foi. Le Seigneur nous rendra capables de montrer son amour et de mettre en évidence le danger qui résulte du rejet de sa grâce. Ainsi, des âmes se trouveront contraintes d'accepter l'Évangile. Jésus-Christ accomplira encore des miracles étonnants si les hommes veulent seulement faire la part que Dieu leur a confiée. Aujourd'hui, comme par le passé, de grandes transformations peuvent s'opérer dans les coeurs. John Bunyan, retire d'une vie de souillure et de péché, et John Newton, auparavant marchand d'esclaves, devinrent les hérauts d'un Sauveur crucifié. Des Bunyan et des Newton peuvent encore être régénérés parmi nos contemporains. Nombre de parias seront encore relevés par ceux qui consentent à collaborer avec la divinité et, à leur tour, ils s'emploieront à restaurer l'image de Dieu dans d'autres âmes. Certaines personnes ont eu très peu d'occasions d'apprendre à connaître leur Sauveur; elles sont dans l'erreur parce qu'elles ne connaissent rien de mieux. Néanmoins, les rayons de la lumière d'en haut leur parviendront. Le Seigneur leur dira comme à Zachée : « Il faut que je demeure aujourd'hui dans ta maison. » (Luc 19:5) On constatera que ceux qui avaient la réputation d'être endurcis auront des coeurs aussi tendres que des enfants, parce que le Seigneur aura daigné abaisser son regard sur eux. De nombreuses personnes qui ont été plongées dans les erreurs et les péchés les plus grossiers répondront à l'appel divin et prendront la place de celles qui n'ont pas su apprécier les occasions et les privilèges qui leur étaient offerts. Elles figureront parmi les élus de Dieu, parmi ses bien-aimés; et lorsque le Christ viendra dans son règne, elles seront près de son trône.

« Gardez-vous de refuser d'entendre celui qui parle. » (Hébreux 12:25) Jésus dit : « Aucun de ces hommes qui avaient été invités ne goûtera de mon souper. » Ils ont repoussé l'invitation, elle ne leur sera jamais renouvelée. En rejetant le Christ, les Juifs endurcissaient leur coeur et se plaçaient sous le contrôle de Satan. Il leur était désormais impossible d'accepter la grâce divine. Il en est ainsi aujourd'hui. Celui qui n'apprécie pas l'amour de Dieu, qui ne se laisse pas fléchir et subjuguer par ce principe immuable est définitivement perdu. Le Seigneur ne peut en donner une manifestation plus grande que celle qui nous a été accordée. Le coeur qui reste insensible à cet amour devient absolument inaccessible.

Toutes les fois que vous refusez de prêter l'oreille au message de miséricorde, vous vous endurcissez dans l'incrédulité. Après chaque occasion manquée, vous avez encore moins envie d'écouter la voix de Jésus. Vous diminuez ainsi vos chances de répondre au dernier appel de la miséricorde. Veillez à ce qu'il ne soit pas dit de vous comme de l'ancien Israël : « Éphraïm est attaché aux idoles : laisse-le! » (Osée 4:17) Prenez garde que le Christ ne vous répète, avec des larmes dans la voix, les paroles qu'il prononçait autrefois sur Jérusalem : « Combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants, comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et vous ne l'avez pas voulu! Voici, votre maison vous sera laissée déserte. » (Matthieu 23:37,38)

Nous vivons à l'époque où le dernier message de miséricorde, c'est-à-dire le dernier appel de la grâce, est adressé aux enfants des hommes. L'exécution de l'ordre donné : « Allez dans les chemins et le long des haies », entre dans sa phase ultime. Toute âme recevra l'invitation : « Venez, car tout est prêt. » Les anges du ciel opèrent encore en collaboration avec les hommes. Par toutes sortes d'encouragements, le Saint-Esprit vous presse de venir. Le Christ attend un signe indiquant que vous tirez le verrou pour lui permettre d'entrer. Les anges aimeraient pouvoir porter au ciel la nouvelle qu'un pécheur de plus s'est repenti. Les armées célestes se tiennent prêtes à toucher leurs harpes et à entonner des chants de joie en apprenant qu'une nouvelle âme a accepté l'invitation au festin évangélique.