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Les paraboles de Jésus

Chapitre 17

Laisse-le encore cette année

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Dans son enseignement, le Christ unissait toujours à l'annonce du jugement de Dieu les appels de sa miséricorde. « Le Fils de l'homme est venu, non pour perdre les âmes des hommes, dit-il, mais pour les sauver. » « Dieu, en effet, n'a pas envoyé son Fils dans le monde pour qu'il juge le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui. » (Luc 9:56; Jean 3:17) Son oeuvre de miséricorde en rapport avec la justice et le jugement de Dieu est illustrée par la parabole du figuier stérile.

Le Christ avait averti le peuple juif de la venue du royaume de Dieu, et il avait énergiquement secoué son ignorance et sa tiédeur. Israël savait fort bien prévoir le temps d'après l'aspect du ciel, mais il était incapable de discerner les signes précurseurs qui parlaient si clairement de la mission du Sauveur.

Néanmoins, on était aussi prêt qu'aujourd'hui à se croire favori du ciel, et on appliquait à d'autres les messages de censure. Les auditeurs de Jésus lui parlèrent d'un événement qui venait de produire une grande effervescence. Le peuple avait été outré de certaines mesures prises par Ponce Pilate, gouverneur de Judée. Un soulèvement populaire avait éclaté à Jérusalem, et Pilate avait voulu l'étouffer par la violence. En une certaine occasion, ses soldats avaient même été jusqu'à envahir les parvis du temple et égorger des pèlerins galiléens qui offraient leurs sacrifices. Les Juifs considéraient toute calamité comme la conséquence des péchés de ceux qui en étaient victimes et ils racontaient ces actes de barbarie avec une secrète satisfaction. À leurs yeux, leur bien-être matériel démontrait qu'ils étaient meilleurs, et par conséquent plus haut placés dans l'estime de Dieu que ces Galiléens. Ils attendaient de Jésus des paroles de condamnation contre ces hommes qui, selon eux, avaient bien mérité leur punition.

Quant aux disciples, ils ne se hasardèrent pas à émettre un jugement sur cette affaire avant d'avoir interrogé le Maître. Celui-ci leur avait donné des avertissements précis contre leur tendance à cataloguer les autres et à mesurer les rétributions avec leur esprit limité. Cependant, ils croyaient que Jésus allait condamner ces malheureux pèlerins et les déclarer particulièrement coupables. Aussi furent-ils très surpris de sa réponse.

Se tournant vers la foule, le Sauveur prit la parole : « Croyez-vous que ces Galiléens fussent de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens, parce qu'ils ont souffert de la sorte? Non, je vous le dis. Mais si vous ne vous repentez, vous périrez tous également. » (Luc 13:2,3) Ces événements tragiques étaient destinés à pousser les coeurs à l'humiliation et à la repentance. L'orage de la vengeance grondait déjà dans le lointain, prêt à fondre sur tous ceux qui n'avaient pas trouvé leur refuge en Christ.

Tout en s'entretenant avec les disciples et avec la foule, Jésus, dans un regard prophétique, vit Jérusalem assiégée par des armées ennemies. Il entendit les pas des étrangers qui s'avançaient contre la ville élue. Des milliers d'êtres humains périraient au cours du siège. Comme ces Galiléens, de nombreux Juifs allaient être assassinés jusque dans les parvis du temple, au moment même où ils offriraient leurs sacrifices. Les malheurs qui frappaient certaines personnes constituaient autant d'avertissements adressés par Dieu à une nation également coupable. « Si vous ne vous repentez, dit Jésus, vous périrez tous également. » (Luc 13:5) Le peuple juif pouvait encore bénéficier du court temps de grâce qui lui était accordé et découvrir comment trouver la paix.

« Un homme, poursuivit-il, avait un figuier planté dans sa vigne. Il vint pour y chercher du fruit, et il n'en trouva point. Alors il dit au vigneron : Voilà trois ans que je viens chercher du fruit à ce figuier, et je n'en trouve point. Coupe-le : pourquoi occupe-t-il la terre inutilement? » (Luc 13:6,7)

Aucun auditeur de Jésus ne pouvait se méprendre sur la signification de ses paroles. David avait chanté Israël comme étant une vigne arrachée de l'Égypte. Ésaïe avait écrit de son côté : « La vigne de l'Éternel des armées, c'est la maison d'Israël, et les hommes de Juda, c'est le plant qu'il chérissait. » (Ésaïe 5:7) La génération du Christ était représentée par ce figuier planté dans la vigne de Dieu, objet de ses soins particuliers et de ses bénédictions.

Le dessein de Dieu à l'égard de ses enfants et les glorieuses possibilités qui s'offraient à eux avaient été décrits en termes éloquents : « ... afin qu'on les appelle des térébinthes de la justice, une plantation de l'Éternel, pour servir à sa gloire. » (Ésaïe 61:3) En mourant, Jacob, poussé par l'Esprit-Saint, avait dit de son fils préféré : « Joseph est le rejeton d'un arbre fertile, le rejeton d'un arbre fertile près d'une source; les branches s'élèvent au-dessus de la muraille. » Puis il avait ajouté : « C'est l'oeuvre du Dieu de ton père, qui t'aidera; c'est l'oeuvre du Tout-Puissant, qui te bénira des bénédictions des cieux en haut, des bénédictions des eaux en bas. » (Genèse 49:22,25) Dieu avait donc planté Israël comme une vigne superbe auprès des sources de la vie. Il l'avait établi sur « un coteau fertile ». « Il en remua le sol, ôta les pierres, et y mit un plant délicieux. »

« Il espéra qu'elle produirait de bons raisins, mais elle en a produit de mauvais. » (Ésaïe 5:1,2) Les Juifs de l'époque du Christ faisaient de plus grandes démonstrations de piété que ceux des siècles précédents, et pourtant ils étaient encore plus dépourvus des grâces agréables de l'Esprit de Dieu. Les admirables traits de caractère qui avaient donné à la vie de Joseph son parfum et sa beauté ne se retrouvaient pas dans la nation juive.

Dieu vint dans ia personne de son Fils pour chercher du fruit, et il n'en trouva point. Israël occupait le terrain inutilement et son existence était un sujet de malédiction. Il prenait dans la vigne une place qu'aurait pu occuper un arbre fertile. Il privait l'humanité des bénédictions que le Seigneur lui destinait. Aux yeux des autres nations, les Israélites avaient donné de Dieu une image déformée. Non seulement ils étaient inutiles, mais ils constituaient un réel obstacle. Dans une grande mesure, leur religion égarait les coeurs et les menait à la ruine plutôt qu'au salut.

Dans la parabole, le vigneron ne pense pas un instant que la sentence prononcée contre le figuier qui reste improductif soit injuste. Il connaît et partage l'intérêt que le propriétaire ressent pour cet arbre stérile. Sa plus grande joie serait de le voir pousser et porter du fruit. Il accède au désir du maître de la vigne quand il lui dit : « Laisse-le encore cette année; je creuserai tout autour, et j'y mettrai du fumier. Peut-être à l'avenir donnera-t-il du fruit. » (Luc 13:8,9)

Le vigneron ne refuse pas de s'occuper d'un arbre si peu intéressant. Il veut encore lui prodiguer tous ses soins et le placer dans les conditions les plus favorables.

Le propriétaire de la vigne et le vigneron sont tous les deux intéressés à la prospérité du figuier. Il en est ainsi du Père et du Fils qui aiment également le peuple élu. Le Christ fait comprendre à ses auditeurs que d'autres occasions leur seront accordées par surcroît. Toutes les ressources de l'amour de Dieu seront mises à contribution pour qu'ils deviennent des térébinthes de la justice dont les fruits seront en bénédiction à l'humanité.

La parabole ne nous donne pas le résultat des efforts du vigneron. Elle s'arrête sur ce point d'interrogation, car la conclusion dépend de la génération qui écoute le Sauveur. C'est à elle que s'adresse cet avertissement solennel : « ... sinon, tu le couperas » (Luc 13:9). C'est à elle de décider si ces paroles irrévocables doivent être prononcées. Le jour de la colère approche. Par les malheurs qui ont déjà affecté la nation, le maître du vignoble l'a miséricordieusement avertie de la destruction qui menace le figuier stérile.

Cette mise en garde résonne aussi pour notre génération. N'es-tu pas, coeur insouciant, un arbre inutile dans la vigne du Seigneur? Ces paroles de condamnation ne s'adresseront-elles pas à toi d'ici peu? Depuis combien de temps jouis-tu des dons de Dieu? Depuis quand veille-t-il sur toi et attend-il que tu reviennes à lui? Quel privilège d'être planté dans sa vigne et de bénéficier des soins du vigneron! Combien de fois la chaleur du message évangélique a fait vibrer ton coeur! Tu le réclames du nom du Christ, tu te dis membre de l'Église qui est son corps, et néanmoins tu te sens dépourvu de lien vivant avec le foyer de l'amour infini. Le courant de sa vie ne parvient pas jusqu'à toi. On ne découvre pas chez toi les vertus de son caractère, le « fruit de l'Esprit » (Galates 5:22,23).

Le figuier stérile reçoit la pluie, les rayons du soleil et les soins du vigneron. Du sol, il retire les éléments nécessaires à son développement, mais ses branches improductrives ne font que priver de lumière les plantes fertiles qui ne peuvent pas prospérer à son ombre. Il en est de même des bénédictions que le ciel le dispense : elles ne sont d'aucune utilité au monde, et tu prives les autres de bienfaits qui leur reviendraient si tu n'étais pas sur leur chemin.

D'une façon peut-être indistincte, tu vois que tu occupes inutilement le terrain. Malgré cela, dans sa grande bonté, Dieu ne t'a pas encore retranché. Non qu'il se désintéresse de toi : il ne se détourne pas avec indifférence ni ne t'abandonne à la destruction. Comme autrefois, quand il considérait Israël, il te regarde en s'écriant : « Que ferai-je de toi, Éphraïm? Dois-je te livrer, Israël? ... Je n'agirai pas selon mon ardente colère, je renonce à détruire Éphraïm; car je suis Dieu, et non pas un homme. » (Osée 11:8,9) Le Sauveur compatissant dit à ton sujet : « Laisse-le encore cette année; je creuserai tout autour, et j'y mettrai du fumier. »

Avec quel amour inlassable le Christ ne travailla-t-il pas en faveur d'Israël pendant cette période de sursis! Sur la croix, il priait encore en ces termes : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu'ils font. » (Luc 23:34) Après l'ascension, l'Évangile fut d'abord prêché à Jérusalem, et c'est là qu'eut lieu l'effusion du Saint-Esprit. C'est là aussi que la première église manifesta la puissance du Sauveur ressuscité, et qu'Étienne, le visage « comme celui d'un ange » (Actes 6:15), rendit son témoignage au prix de sa vie. Tout ce que le ciel pouvait donner, Israël l'avait reçu : « Qu'y avait-il encore à faire à ma vigne, interroge le Christ, que je n'aie pas fait pour elle? » (Ésaïe 5:4) Ses soins et ses travaux en faveur de son peuple n'ont pas diminué, mais augmenté. Il dit encore : « Moi l'Éternel, j'en suis le gardien, je l'arrose à chaque instant; de peur qu'on ne l'attaque, nuit et jour je la garde. » (Ésaïe 27:3)

« Peut-être à l'avenir donnera-t-il du fruit; sinon... »

Le coeur qui ne répond pas à la sollicitude divine s'endurcit jusqu'à devenir insensible à i'influence du Saint-Esprit. C'est alors que la sentence est prononcée : « Coupe-le : pourquoi occupe-t-il la terre inutilement? »

Aujourd'hui, Dieu t'adresse cette invitation : « Israël, reviens à l'Éternel, ton Dieu. ... Je réparerai leur infidélité, j'aurai pour eux un amour sincère. ... Je serai comme la rosée pour Israël, il fleurira comme le lis, et il poussera des racines comme le Liban. ... Ils reviendront s'asseoir à son ombre, ils redonneront la vie au froment, et ils fleuriront comme la vigne. ... C'est de moi que tu recevras ton fruit. » (Osée 14:1-8)