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Les paraboles de Jésus

Chapitre 14

Dieu ne fera-t-il pas justice à ses élus?

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Le Christ venait de parler de la période qui précéderait immédiatement sa seconde venue et des périls que devraient affronter ses disciples. C'est en pensant d'une manière toute spéciale à ce temps qu'il prononça la parabole destinée à enseigner « qu'il faut toujours prier et ne point se relâcher ».

« Il y avait dans une ville un juge, dit-il, qui ne craignait point Dieu et qui n'avait d'égard pour personne. Il y avait aussi dans cette ville une veuve qui venait lui dire : Fais-moi justice de ma partie adverse. Pendant longtemps il refusa. Mais ensuite il dit en lui-même : Quoique je ne craigne point Dieu et que je n'aie d'égard pour personne, néanmoins, parce que cette veuve m'importune, je lui ferai justice, afin qu'elle ne vienne pas sans cesse me rompre la tête. Le Seigneur ajouta : Entendez ce que dit le juge inique. Et Dieu ne fera-t-il pas justice à ses élus, qui crient à lui jour et nuit, et tardera-t-il à leur égard? Je vous le dis, il leur fera promptement justice. » (Luc 18:1-8)

Le juge qui est dépeint ici ne se soucie pas de la justice, et n'a aucune pitié pour ceux qui souffrent. Il repoussait continuellement la veuve qui lui exposait son cas. Maintes fois elle n'était venue vers lui que pour être traitée avec mépris et chassée du tribunal. Le juge savait qu'elle était dans son droit; il aurait pu aussitôt lui faire justice, mais il ne le voulait pas. Il désirait montrer que son pouvoir était discrétionnaire, et il se plaisait à la voir plaider, prier et supplier en vain. Mais elle ne se laissait pas décourager; malgré l'indifférence et la dureté du juge, elle ne cessait de venir lui présenter sa demande jusqu'à ce qu'il consentit à s'occuper de son cas. « Quoique je ne craigne point Dieu et que je n'aie d'égard pour personne, dit-il, néanmoins, parce que cette veuve m'importune, je lui ferai justice, afin qu'elle ne vienne pas sans cesse me rompre la tête. » Pour sauver sa réputation et ne pas donner trop de publicité à son jugement partial, il rendit justice à cette femme persévérante.

« Le Seigneur ajouta : Entendez ce que dit le juge inique. Et Dieu ne fera-t-il pas justice à ses élus, qui crient à lui jour et nuit, et tardera-t-il à leur égard? Je vous le dis, il leur fera promptement justice. » Jésus établit ici un contraste frappant entre le juge inique et Dieu. L'homme de loi ne cède aux instances de la veuve que par égoïsme, pour assurer sa tranquillité. Il n'éprouve aucune pitié pour elle, sa misère le laisse insensible. Comme l'attitude de Dieu à l'égard de ceux qui le cherchent est différente! C'est avec une compassion infinie qu'il écoute les appels des nécessiteux et des affligés.

Veuve, sans amis, cette pauvre femme n'avait pas les moyens de redresser sa situation matérielle. De même, par le péché, l'homme a perdu tout contact avec Dieu, et ne peut se sauver tout seul; mais par Jésus-Christ, l'accès auprès du Père lui est assuré. Dieu chérit particulièrement ses élus. Il les a appelés des ténèbres à sa merveilleuse lumière pour qu'ils publient sa louange et brillent comme des phares au milieu des ténèbres de ce monde. Le juge inique ne portait aucun intérêt à cette pauvre veuve qui l'importunait pour obtenir justice; cependant, pour se soustraire à ses supplications pitoyables, il prêta l'oreille à sa cause et la délivra de ses adversaires. Mais Dieu aime ses enfants d'un amour infini. Ce qu'il a de plus cher sur la terre, c'est son Église.

« Car la portion de l'Éternel, c'est son peuple, Jacob est la part de son héritage. Il l'a trouvé dans une contrée déserte, dans une solitude aux effroyables hurlements ; il l'a entouré, il en a pris soin, il l'a gardé comme la prunelle de son oeil. » « Car ainsi parle l'Éternel des armées : Après cela viendra la gloire! Il m'a envoyé vers les nations qui vous ont dépouillés; car celui qui vous touche, touche la prunelle de son oeil. » (Deutéronome 32:9,10; Zacharie 2:8)

La requête de la veuve : « Fais-moi justice de ma partie adverse » représente les prières des enfants de Dieu. Satan est leur grand adversaire, l'« accusateur des frères » (Apocalypse 12:10), celui qui les accuse jour et nuit devant Dieu. Son oeuvre ne consiste qu'à dénaturer et attaquer, à séduire et détruire l'Église de Dieu. Par cette parabole, le Seigneur enseigne à ses disciples qu'ils doivent prier pour être délivrés de la puissance de Satan et de ses suppôts.

Le prophète Zacharie nous montre Satan accusant le peuple de Dieu, et le Christ prenant sa défense. Voici ce que dit le prophète : « Il me fit voir Josué, le souverain sacrificateur, debout devant l'ange de l'Éternel, et Satan qui se tenait à sa droite pour l'accuser. L'Éternel dit à Satan : Que l'Éternel te réprime, Satan que l'Éternel te réprime, lui qui a choisi Jérusalem! N'est-ce pas là un tison arraché du feu? Or Josué était couvert de vêtements sales, et il se tenait debout devant l'ange. » (Zacharie 3:1-3)

Le peuple de Dieu est ici représenté comme un criminel à la barre des accusés. Josué, en qualité de souverain sacrificateur, demande une bénédiction en faveur de son peuple qui se trouve dans une grande affliction. Tandis qu'il plaide devant Dieu, Satan se tient à sa droite comme son adversaire. Il accuse les enfants de Dieu et s'efforce de faire paraître leur cas aussi désespéré que possible. Il étale devant l'Éternel leurs mauvaises actions et leurs défauts. Il tente de les montrer sous un jour tel que le Christ soit amené à leur refuser l'assistance dont ils ont un si pressant besoin. Josué les représente devant Dieu : recouvert de vêtements sales, il tombe sous le coup de la condamnation. Conscient des péchés de son peuple, il sombre dans un profond découragement. Satan fait peser sur lui un tel sentiment de culpabilité qu'il en est presque réduit au désespoir. Mais, malgré l'opposition acharnée de Satan, il n'en demeure pas moins dans l'attitude d'un suppliant.

Satan a inauguré son rôle d'accusateur dans le ciel; il l'assume également sur la terre depuis la chute de l'homme et s'y applique d'autant plus que nous approchons de la fin de ce monde. Il sait qu'il a peu de temps et il redouble d'ardeur dans son oeuvre de séduction et de destruction. Il ne peut supporter de voir sur la terre ce peuple qui, même dans ses faiblesses et ses égarements, rend hommage à la loi de l'Éternel. Il tient absolument à le faire désobéir. Il se réjouit de son indignité, et il tend des pièges pour séduire chacune de ces âmes et l'éloigner du Seigneur. Il cherche toutes les occasions d'accuser, de condamner Dieu et tous ceux qui poursuivent ici-bas son oeuvre de miséricorde et d'amour, de compassion et de pardon.

Toute manifestation de la puissance de Dieu à l'égard de son peuple excite l'inimitié de Satan et de ses démons, qui redoublent alors d'efforts pour assurer sa ruine. Il est jaloux de tous ceux qui puisent leur force en Christ. Son but est d'induire les hommes au mal et, quand il a réussi, il rejette tout le blâme sur ceux qui sont tentés. Il montre leurs vêtements souillés : leurs défauts de caractère, leur faiblesse, leur folie, leur ingratitude, leur manque de ressemblance avec le Rédempteur qu'ils ont ainsi déshonoré. Il avance tout cela pour prouver qu'il est dans son droit quand il réclame leur destruction. Il s'efforce de les terrifier en présentant leur cas comme désespéré, en leur faisant croire que rien ne pourra jamais ôter leurs souillures. Il espère ainsi détruire leur foi au point qu'ils céderont à ses tentations et se détourneront de Dieu.

Le peuple de Dieu est incapable de répondre aux accusations de Satan. S'il regardait à lui-même, il serait voué au désespoir; mais il en appelle au divin Avocat, il se réclame des mérites de son Rédempteur. Dieu peut être « juste, tout en justifiant celui qui a la foi en Jésus » (Romains 3:26). Avec confiance, le peuple de Dieu crie à lui pour réduire au silence les accusations de Satan et déjouer ses pièges : « Fais-moi justice de ma partie adverse », dit-il ; et, fort de l'irréfutable argument de la croix, le Christ fait taire l'accusateur téméraire.

« L'Éternel dit : « Satan : Que l'Éternel te réprime, Satan! que l'Éternel te réprime, lui qui a choisi Jérusalem. N'est-ce pas là un tison arraché du feu? » (Zacharie 3:2) Quand Satan cherche à noircir et à perdre les enfants de Dieu, le Christ s'interpose. N'a-t-il pas pris sur lui leurs péchés, n'a-t-il pas arraché du mal la race humaine comme un tison du feu? Uni à l'homme par sa nature humaine, par sa nature divine il est un avec le Dieu infini. Il met la délivrance à la portée de ceux qui périssent. L'adversaire est confondu.

« Or Josué était couvert de vêtements sales, et il se tenait debout devant l'ange. L'ange, prenant la parole, dit à ceux qui étaient devant lui : Ôtez-lui les vêtements sales! Puis il dit à Josué : Vois, je t'enlève ton iniquité, et je te revêts d'habits de fête. Je dis : Qu'on mette sur sa tête un turban pur! Et ils mirent un turban pur sur sa tête, et ils lui mirent des vêtements. » Avec une autorité reçue de l'Éternel des armées, l'ange prit alors un engagement solennel à l'égard de Josué, représentant du peuple de Dieu : « Si tu marches dans mes voies et si tu observes mes ordres, tu jugeras ma maison et tu garderas mes parvis, et je te donnerai libre accès parmi ceux qui sont ici. (Zacharie 3:3-7) ― parmi les anges qui entourent le trône de Dieu. »

Malgré les lacunes des siens, le Christ ne leur en témoigne pas moins sa sollicitude. Il a le pouvoir de changer leurs vêtements souillés et de donner la robe de sa propre justice à ceux qui se repentent et qui croient. En face de leur nom inscrit sur les registres du ciel, il met la mention : « Pardonné. » Il déclare, en présence de tout l'univers, qu'ils lui appartiennent, et il montre en la personne de Satan l'accusateur et le séducteur. Dieu fera justice à ses élus.

La prière : « Fais-moi justice de ma partie adverse » ne s'applique pas seulement à Satan, mais encore à ceux qu'il pousse à calomnier, à tenter et à détruire le peuple de Dieu. Ceux qui ont décidé d'obéir aux commandements du Seigneur savent par expérience qu'ils ont des ennemis dirigés par une puissance maléfique, ceux-là même qui assaillirent le Christ pas à pas avec un acharnement et une persévérance que nul être humain ne peut soupçonner. Comme leur divin Maître, les vrais chrétiens sont harcelés par de continuelles tentations.

Les Écritures exposent la situation du monde à la veille de la seconde venue du Christ. L'apôtre Jacques, notamment, dépeint le lucre et l'oppression qui doivent prévaloir à cette époque : « À vous maintenant, riches! ... Vous avez amassé des trésors dans les derniers jours! Voici, le salaire des ouvriers qui ont moissonné vos champs, et dont vous les avez frustrés, crie, et les cris des moissonneurs sont parvenus jusqu'aux oreilles du Seigneur des armées. Vous avez vécu sur la terre dans les voluptés et dans les délices, vous avez rassasié vos coeurs au jour du carnage. Vous avez condamné, vous avez tué le juste, qui ne vous a pas résisté. » (Jacques 5:1-6) Voilà le tableau des conditions dans lesquelles nous vivons aujourd'hui. Par toute espèce d'oppressions et d'extorsions, des hommes amassent des fortunes colossales pendant que les affamés crient à Dieu leur misère.

« La délivrance s'est retirée, et le salut se tient éloigné; car la vérité trébuche sur la place publique, et la droiture ne peut approcher. La vérité a disparu, et celui qui s'éloigne du mal est dépouillé. » (Ésaïe 59:14,15) Ces paroles s'accomplirent dans la vie du Christ. Il observa les commandements de son Père, mettant de côté les traditions et les coutumes par lesquelles les hommes les avaient remplacés. C'est pourquoi il fut haï et persécuté. Cette histoire n'a cessé de se répéter. Les hommes ont substitué leurs préceptes à la loi de Dieu, et ceux qui veulent rester fidèles au Seigneur souffrent l'opprobre et la persécution. À cause de son obéissance, le Christ fut accusé de blasphème et de violation du sabbat. On déclara qu'il était possédé d'un esprit malin et qu'il incarnait Béelzébul. La même accusation atteint aujourd'hui ses disciples. Satan espère ainsi les faire tomber dans le péché et les amener à déshonorer Dieu.

Le caractère du juge inique, qui ne craignait pas Dieu et n'avait d'égards pour personne, révélait quelle sorte de jugement on préparait alors contre Jésus et comment les événements se dérouleraient au cours de son procès. Le Seigneur désire que ses disciples de tous les temps se rendent compte que l'on ne peut guère avoir confiance, à l'heure de l'épreuve, dans les chefs d'État et les juges de la terre. Les enfants de Dieu sont souvent appelés à se présenter devant des hommes haut placés qui suivent, non les conseils de la Bible, mais leurs impulsions profanes et indisciplinées.

Dans la parabole du juge inique, le Christ nous montre quelle attitude nous devons adopter. « Ne fera-t-il pas justice à ses élus, qui crient à lui jour et nuit? » Jésus est notre exemple, lui qui ne fit rien pour revendiquer ses droits ou se délivrer lui-même. Il remit sa cause entre les mains de Dieu. De même, ses disciples ne doivent ni accuser, ni condamner, ni recourir à la force pour se tirer d'affaire.

Si des épreuves inexplicables surviennent, il ne faut pas qu'elles nous ravissent notre paix intérieure. Quelque injuste que soit la façon dont nous pourrons être traités, ne nous laissons pas aller à la colère. En nourrissant un esprit de vengeance, nous nous nuisons à nous-mêmes, nous perdons notre confiance en Dieu et nous attristons le Saint-Esprit. Auprès de nous se tient un témoin, un messager céleste, qui élèvera en notre faveur un étendard contre l'ennemi. Il nous couvrira des rayons éclatants du Soleil de justice. Ainsi, Satan, qui ne peut franchir ce bouclier lumineux, ne nous atteindra pas.

L'humanité s'enlisant de plus en plus dans le mal, aucun d'entre nous ne peut prétendre qu'il n'aura jamais de difficultés. Ce sont précisément elles qui nous amènent à pénétrer dans la salle d'audience du Très-Haut, où nous pouvons recevoir les conseils de celui qui est infini en sagesse.

Le Seigneur nous dit : « Invoque-moi au jour de la détresse. » (Psaume 50:15) Il nous invite à l'implorer avec zèle et à lui confier notre perplexité, notre dénuement et le besoin que nous éprouvons de recevoir son aide. Dès que surviennent les difficultés, présentons-lui nos requêtes avec ferveur. Par l'importunité de nos prières, nous démontrerons que nous avons pleine confiance en lui. Le sentiment de notre indigence nous incite à prier ardemment, et notre Père céleste est ému par nos supplications.

Ceux qui souffrent la persécution pour leur foi sont souvent tentés de se croire délaissés de Dieu. À vues humaines, ils constituent une minorité, et selon toute apparence leurs adversaires triomphent. Qu'ils ne soient pas troublés dans leur conscience, car celui qui a souffert pour eux et qui s'est chargé de leurs afflictions et de leurs douleurs ne les a pas abandonnés.

Les enfants de Dieu ne sont pas laissés seuls et sans défense; la prière permet à la Toute-Puissance d'agir en notre faveur. Grâce à elle, des hommes « vainquirent des royaumes, exercèrent la justice, obtinrent des promesses, fermèrent la gueule des lions, éteignirent la puissance du feu » ― nous saurons ce que cela veut dire en lisant le récit de la vie des martyrs ―, « mirent en fuite des armées étrangères » (Hébreux 11:33,34).

Si nous consacrons nos vies au service de Dieu, nous ne serons jamais placés dans une situation telle qu'il ne puisse nous secourir. Quelle que soit notre position, nous avons un guide pour nous montrer le chemin; quelles que soient nos perplexités, nous avons un conseiller avisé ; quels que soient nos chagrins, nos deuils, notre solitude, nous avons un ami compatissant. Si, dans notre ignorance, nous faisons un faux pas, le Christ nous relèvera; sa voix claire et distincte se fera entendre : « Je suis le chemin, la vérité et la vie. » (Jean 14:6) « Il délivrera le pauvre qui crie, et le malheureux qui n'a point d'aide. » (Psaume 72:12)

Le Seigneur déclare qu'il sera honoré par ceux qui s'approchent de lui et le servent avec fidélité. « À celui qui est ferme dans ses sentiments tu assures la paix, la paix, parce qu'il se confie en toi. » (Ésaïe 26:3) Le bras du Tout-Puissant est étendu pour nous conduire toujours plus loin. En avant! dit le Seigneur, je vous enverrai du secours. C'est en mon nom que vous demandez, donc vous recevrez. Je serai honoré devant ceux qui attendent votre chute. Ils assisteront au triomphe de ma parole. « Tout ce que vous demanderez avec foi par la prière. vous le recevrez. » (Matthieu 21:22)

Que tous ceux qui sont affligés ou injustement traités crient à Dieu. Détournez-vous de ceux dont le coeur est dur comme l'acier, et présentez vos requêtes à votre Créateur. Il ne repousse jamais celui qui vient à lui avec un coeur contrit. Aucune prière sincère n'est laissée sans réponse. Du milieu des antiennes des choeurs angéliques, le Seigneur entend les supplications du plus faible d'entre nous. Quand nous lui exposons les désirs de nos coeurs dans le silence de notre chambre, ou quand nous murmurons une prière tout en cheminant, nos paroles atteignent le trône du Souverain de l'univers. Il est possible qu'aucune oreille humaine ne les entende, mais elles ne peuvent se perdre dans le vide ni passer inaperçues dans le tumulte de nos occupations quotidiennes. Rien ne peut étouffer les soupirs de l'âme; ils s'élèvent au-dessus du vacarme de la rue et de la confusion des foules jusqu'aux célestes parvis. C'est à Dieu que nous parlons, et il entend notre prière.

Si grand que soit le sentiment de votre indignité, n'hésitez pas à remettre votre cause entre les mains de Dieu. Quand il s'est donné lui-même en Christ pour le péché du monde, il s'est chargé de la rédemption de toute âme humaine. « Lui, qui n'a point épargné son propre Fils, mais qui l'a livré pour nous tous, comment ne nous donnera-t-il pas aussi toutes choses avec lui? » (Romains 8:32) « N'accomplira-t-il pas les promesses miséricordieuses qu'il nous a laissées pour nous encourager et nous fortifier?

Le plus grand désir du Christ, c'est d'arracher son héritage à la domination de Satan. Mais il faut que la délivrance extérieure de la puissance du mal soit précédée d'une délivrance intérieure. Le Seigneur permet les épreuves, afin de nous purifier de la mondanité, de l'égoïsme, de la dureté, de tout trait de caractère qui n'est pas conforme à celui du Christ. Il permet que le torrent de l'affliction déferle sur nos âmes, afin que nous puissions le connaître, lui, le vrai Dieu, et Jésus-Christ qu'il a envoyé, afin que nous éprouvions le vif désir d'être débarrassés de toute souillure et que nous devenions plus purs, plus saints et plus heureux. Il nous arrive souvent d'entrer dans la fournaise de l'épreuve avec l'esprit obscurci par l'égoïsme; mais si, patiemment, nous la supportons, nous en sortirons en réfléchissant le caractère divin. Quand l'épreuve aura terminé son oeuvre, « il fera paraître [notre] justice comme la lumière, et [notre] droit comme le soleil à son midi » (Psaume 37:6).

Il n'y a pas lieu de craindre que le Seigneur reste sourd aux prières de ses enfants; il faut plutôt redouter que ceux-ci, dans la tentation et l'épreuve, ne se laissent aller au découragement et ne manquent de persévérance dans la prière.

Le Sauveur fit preuve d'une compassion divine à l'égard de la femme syro-phénicienne. Son coeur fut ému par sa détresse. Il désirait lui donner immédiatement l'assurance que sa requête était agréée, mais il voulait aussi donner une leçon à ses disciples. C'est pourquoi il parut, pendant un moment, rester insensible aux appels de cette âme affligée. Mais quand sa foi eut été manifestée aux yeux de tous, il lui adressa un éloge et lui accorda la faveur qu'elle avait sollicitée. Les disciples n'oublièrent jamais cette leçon, qui a été consignée dans le livre inspiré pour nous montrer la valeur d'une prière instante.

C'est le Christ lui-même qui mit au coeur de cette mère une persévérance à tout épreuve; c'est lui qui donna à la pauvre veuve le courage et la détermination nécessaires pour affronter le juge. C'est aussi le Christ qui, des siècles auparavant, au cours de la lutte mystérieuse près du torrent de Jabbok, avait insufflé à Jacob la même assiduité dans sa foi. Aussi récompensa-t-il la confiance qu'il avait lui-même inspirée.

Celui qui demeure dans le sanctuaire céleste exerce la justice avec équité. Il se plaît davantage en compagnie de ses enfants aux prises avec la tentation dans un monde de péché qu'en compagnie des armées angéliques entourant son trône.

Le ciel tout entier porte le plus grand intérêt à notre minuscule planète, parce que le Christ a payé un prix infini pour le salut de ses habitants. Le Rédempteur a uni le ciel à la terre, demeure de ses rachetés, par le ministère de créatures intelligentes. Les êtres célestes nous visitent encore, comme au temps où ils marchaient et s'entretenaient avec Abraham et Moïse. Au milieu des activités fébriles de nos grandes cités, parmi la foule de nos quartiers industriels et commerçants, là où du matin au soir on se comporte comme si les affaires, le sport et les plaisirs devaient remplir la vie entière, là ou ceux qui contemplent les réalités invisibles sont si peu nombreux, là même, le ciel a encore ses sentinelles et ses saints. Il s'y trouve des agents invisibles qui enregistrent toutes les paroles et les actions des hommes. Dans toute assemblée qui a pour objet les affaires ou les loisirs, dans toute congrégation réunie pour le culte, il y a plus d'auditeurs que les regards humains ne peuvent en discerner. Parfois, ces êtres célestes lèvent le voile qui cache le monde invisible pour que nous détournions nos pensées de notre vie fiévreuse et considérions que nos paroles et nos actes sont enregistrés par des témoins qui échappent à notre vue.

Nous avons besoin de mieux comprendre la mission des anges. Souvenons-nous que, dans tout ce que nous faisons, nous jouissons de leur coopération et sommes les objets de leur sollicitude. Des armées invisibles, puissantes et lumineuses sont au service des doux et des humbles qui croient aux promesses divines et qui s'en réclament. Les chérubins, les séraphins et les anges qui excellent en force ― des myriades de myriades et des milliers de milliers ― se tiennent à la droite de l'Éternel. Tous sont « des esprits au service de Dieu, envoyés pour exercer un ministère en faveur de ceux qui doivent hériter du salut » (Hébreux 1:14).

Ces messagers établissent un rapport fidèle des paroles et des actions de chaque être humain. Tout acte de cruauté ou d'injustice envers le peuple du Seigneur, toutes les souffrances que lui font endurer des partisans du mal, tout est fidèlement inscrit sur les registres du ciel.

« Dieu ne fera-t-il pas justice à ses élus, qui crient à lui jour et nuit, et tardera-t-il à leur égard? Je vous le dis, il leur fera promptement justice. »

« N'abandonnez donc pas votre assurance, à laquelle est attachée une grande rémunération. Car vous avez besoin de persévérance, afin qu'après avoir accompli la volonté de Dieu, vous obteniez ce qui vous est promis. Encore un peu, un peu de temps : celui qui doit venir viendra, et il ne tardera pas. » (Hébreux 10:35-37) « Soyez donc patients, frères, jusqu'à l'avènement du Seigneur. Voici, le laboureur attend le précieux fruit de la terre, prenant patience à son égard, jusqu'à ce qu'il ait reçu les pluies de la première et de l'arrière-saison. Vous aussi, soyez patients, affermissez vos coeurs, car l'avènement du Seigneur est proche. » (Jacques 5:7,8)

La patience de Dieu est merveilleuse. La justice attend longtemps pendant que la miséricorde plaide avec le pécheur. « La justice et l'équité sont la base de son trône. » (Psaume 97:2) « L'Éternel est lent à la colère », mais il est grand par sa force; il ne laisse pas impuni. L'Éternel marche dans la tempête, dans le tourbillon; les nuées sont la poussière de ses pieds. » (Nahum 1:3)

Le monde s'est enhardi dans la transgression de la loi de Dieu. Parce que le Seigneur use de patience, certains ont foulé aux pieds son autorité. Ils se sont fortifiés les uns les autres dans la cruauté et dans l'oppression contre son héritage, en disant : « Comment Dieu saurait-il, comment le Très-Haut connaîtrait-il? » (Psaume 73:11) Mais il y a une limite qu'ils ne peuvent franchir. Le temps est proche où ils l'auront atteinte. Maintenant déjà, ils ont presque dépassé les bornes de la longanimité, de la grâce et de la miséricorde divines. Le Seigneur viendra venger son honneur bafoué, délivrer son peuple, et arrêter ces flots d'impiété.

Aux jours de Noé, les hommes s'étaient à tel point détournés de la loi divine que le souvenir du Créateur avait presque disparu de la terre. Leur iniquité était si considérable que Dieu dut les détruire par le déluge.

D'une génération à l'autre, il fit connaître ses voies. En temps de crise, il se révélait lui-même et intervenait pour déjouer les plans de Satan. Il permit souvent qu'on en arrive à un point critique au niveau des nations, des familles ou des individus, afin que son intervention soit manifeste. Il montrait alors qu'il y avait en Israël un Dieu qui maintenait sa loi et défendait les droits de son peuple.

Aujourd'hui, tandis que l'iniquité abonde de toutes parts, on peut être certain que la grande crise finale est imminente. Quand le mépris de sa loi sera devenu presque universel et que ses enfants seront opprimés et affligés par leurs compagnons, le Seigneur interviendra.

Le temps n'est pas éloigné où il dira : « Va, mon peuple, entre dans ta chambre, et ferme la porte derrière toi; cache-toi pour quelques instants, jusqu'à ce que la colère soit passée. Car voici, l'Éternel sort de sa demeure, pour punir les crimes des habitants de la terre; et la terre mettra le sang à nu, elle ne couvrira plus les meurtres. » (Ésaïe 26:20,21) Des hommes qui se disent chrétiens peuvent tromper et opprimer le pauvre, dépouiller la veuve et l'orphelin, donner libre cours à leur rage satanique parce qu'ils ne parviennent pas à dominer sur la conscience des enfants de Dieu; mais pour toutes ces choses, le Seigneur les fera venir en jugement. Ce jugement sera « sans miséricorde » pour ceux qui n'ont « pas fait miséricorde » (Jacques 2:13). Bientôt, ils devront comparaître devant le juge de toute la terre pour rendre compte des souffrances physiques et morales qu'ils ont infligées à son peuple. Aujourd'hui, ils peuvent se livrer à de fausses accusations, ridiculiser ceux qui ont reçu la mission d'accomplir l'oeuvre de Dieu, faire emprisonner les croyants, les condamner aux travaux forcés, à la déportation et à la mort; mais ils devront répondre de toutes les angoisses, de toutes les larmes dont ils auront été la cause. Ils recevront le double de tous leurs péchés. En parlant de Babylone, figure de l'Église apostate, le Seigneur dit à ceux qui exécutent ses jugements : « Ses péchés se sont accumulés jusqu'au ciel, et Dieu s'est souvenu de ses iniquités. Payez-la comme elle a payé, rendez-lui au double selon ses oeuvres. Dans la coupe où elle a versé, versez-lui au double. » (Apocalypse 18:5,6)

De l'Inde, de l'Afrique, de la Chine, des îles et des pays prétendus chrétiens avec leurs millions d'opprimés, le cri des misères humaines monte jusqu'à Dieu. Ce cri ne tardera pas à recevoir une réponse. L'Éternel purifiera la terre de la corruption morale, non par un déluge d'eau comme au temps de Noé, mais par un déluge de feu que personne ne pourra éteindre.

« Ce sera une époque de détresse, telle qu'il n'y en a point eu depuis que les nations existent jusqu'à cette époque. En ce temps-là, ceux de ton peuple qui seront trouvés inscrits dans le livre seront sauvés. » (Daniel 12:1)

Le Christ rassemblera les siens. Il les fera sortir des mansardes, des masures, des prisons, des montagnes, des déserts, des antres de la terre et des profondeurs de la mer. Sur la terre, ils ont été dénués de tout, affligés et tourmentés. Des millions sont descendus dans la tombe, couverts d'infamie, parce qu'ils avaient résisté aux séductions de Satan. Ils ont été condamnés par les tribunaux comme les plus vils des criminels. Mais l'heure approche où l'on verra que « c'est Dieu qui est juge » (Psaume 50:6). Alors les sentences de la terre seront révoquées. « Il fait disparaître de toute la terre l'opprobre de son peuple. » Chaque enfant de Dieu sera revêtu d'un vêtement blanc. « On les appellera peuple saint, rachetés de l'Éternel. » (Ésaïe 25:8; Apocalypse 6:11; Ésaïe 62:12)

Quels que soient les fardeaux qu'ils aient dû porter, les dommages qu'ils aient dû subir, les persécutions qui leur aient été infligées, allant même jusqu'au martyre, les enfants de Dieu seront amplement récompensés. Ils « le serviront et verront sa face, et son nom sera sur leurs fronts. » (Apocalypse 22:3,4)