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Les paraboles de Jésus

Chapitre 4

L’ivraie

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Jésus leur proposa une autre parabole : « Le royaume des cieux est semblable à un homme qui a semé une bonne semence dans son champ. Mais, pendant que les gens dormaient, son ennemi vint, sema de l'ivraie parmi le blé, et s'en alla. Lorsque l'herbe eut poussé et donné du fruit, l'ivraie parut aussi. » (Matthieu 13:24-26)

« Le champ, c'est le monde » (Matthieu 13:38), dit le Christ. Nous devons comprendre qu'il s'agit de l'Église du Christ dans le monde. Cette parabole est une description de ce qui touche au royaume de Dieu, de son oeuvre pour le salut des hommes. Or, cette oeuvre est accomplie par l'Église. Il est vrai que le Saint-Esprit est venu dans le monde entier et qu'il opère partout dans les coeurs; mais c'est dans l'Église que nous grandissons et mûrissons pour les greniers célestes.

« Celui qui sème la bonne semence, c'est le Fils de l'homme; ... la bonne semence, ce sont les fils du royaume; l'ivraie, ce sont les fils du malin. » (Matthieu 13:37,38) La bonne semence représente ceux qui sont nés de la parole de Dieu, de la vérité. L'ivraie représente une catégorie de personnes qui sont le fruit, l'incarnation de l'erreur ou de faux principes. « L'ennemi qui l'a semée, c'est le diable. » (Matthieu 13:39) Ni Dieu ni les anges n'ont semé l'ivraie. C'est l'oeuvre de Satan, l'ennemi de Dieu et de l'homme.

En Orient, il arrivait parfois qu'on se vengeât de son ennemi en jetant dans son champ nouvellement ensemencé quelque mauvaise semence qui, en levant, ressemblait beaucoup au blé. En poussant, elle portait préjudice à la moisson et causait des ennuis et une perte au propriétaire. De même, c'est sa haine du Christ qui a poussé Satan à jeter de l'ivraie parmi le bon grain du royaume. Il attribue ensuite au Fils de Dieu le fruit de ses semailles. En faisant entrer dans l'Église ceux qui renient par leurs actes le caractère du Christ, le malin jette le déshonneur sur la cause de Dieu, présente sous un faux jour l'oeuvre du salut et met les âmes en péril.

Les serviteurs du Christ éprouvent de la tristesse en voyant dans l'Église un mélange de vrais et de faux croyants. Ils voudraient pouvoir la purifier. Imitant les serviteurs de la parabole, ils sont prêts à arracher l'ivraie. Mais le Seigneur leur dit : « Non, de peur qu'en arrachant l'ivraie, vous ne déraciniez en même temps le blé. Laissez croître ensemble l'un et l'autre jusqu'à la moisson. » (Matthieu 13:29,30)

Le Seigneur nous a enseigné clairement que ceux qui s'obstinent dans un péché manifeste doivent être retranchés de l'Église; mais il ne nous a pas chargés de juger le caractère et les mobiles des autres. Il connaît trop bien notre nature pour nous confier une pareille mission. Si nous tentions d'enlever de l'Église tous ceux que nous supposons ne pas être d'authentiques chrétiens, nous commettrions sûrement des erreurs. En effet, nous considérons souvent comme désespéré le cas de certaines âmes que le Seigneur attire à lui. Si nous les traitions selon nos vues imparfaites, nous risquerions de leur enlever la dernière lueur d'espérance. Parmi ceux qui se croient chrétiens, beaucoup se trouveront parmi les réprouvés au dernier jour, tandis que beaucoup d'autres que leurs voisins jugeaient indignes auront accès aux portes du ciel. L'homme juge d'après l'apparence, mais Dieu regarde au coeur. L'ivraie et le blé doivent pousser ensemble jusqu'au jour de la moisson. Or la moisson, c'est la fin du temps de grâce.

Les paroles du Sauveur, dans cet entretien avec ses disciples, renferment une autre leçon de patience et d'amour. De même que les racines de l'ivraie s'enchevêtrent avec celles du froment, ainsi les faux frères au sein de l'Église sont mêlés aux vrais disciples. Le vrai caractère de ces pseudo-chrétiens n'est pas encore pleinement manifesté; et si on les éloignait du corps de l'Église, d'autres en seraient scandalisés, qui auraient pu rester fermes.

L'enseignement de cette parabole est mis en lumière par l'attitude de Dieu à l'égard des hommes et des anges. Satan est un séducteur. Quand il eut péché dans le ciel, les bons anges eux-mêmes ne discernèrent pas pleinement son véritable caractère. C'est pourquoi Dieu ne le détruisit pas immédiatement. S'il l'avait fait, les saints anges auraient pu douter de sa justice et de son amour. Or, un doute sur la bonté divine eût été semblable à une mauvaise semence qui aurait produit un fruit amer de péché et de misère. C'est pourquoi Satan fut épargné, afin de lui permettre de manifester pleinement son caractère. Depuis de longs siècles, le Seigneur a supporté le spectacle angoissant du mal. Il a consenti au don infini du Calvaire plutôt que de voir des âmes séduites par le malin, car il n'était pas possible d'arracher l'ivraie sans mettre en danger l'existence du bon grain. N'aurions-nous pas autant de patience à l'égard de nos semblables que le Seigneur du ciel et de la terre à l'égard de Satan?

Le monde n'a aucune raison de douter des vérités chrétiennes parce qu'il y a des membres indignes dans l'Église; et les chrétiens, à leur tour, ne doivent pas se décourager parce qu'ils coudoient de faux frères. Considérez un instant l'Église primitive. Ananias et Saphira s'étaient joints aux disciples; Simon le magicien avait été baptisé; Démas, avant d'abandonner Paul, avait été du nombre des croyants; Judas Iscariot était un apôtre. Le Rédempteur ne veut pas perdre une seule âme, et ses rapports avec Judas nous ont été rapportés pour nous montrer sa longue patience à l'égard de la perversité humaine. Il nous exhorte à la supporter comme il l'a supportée lui-même. Il nous déclare qu'il y aura jusqu'à la fin des faux frères dans l'Église.

Malgré les avertissements de Jésus, des hommes ont essayé d'arracher l'ivraie; et pour punir ceux qui étaient supposés faire le mal, l'Église a eu recours au pouvoir temporel. Ceux qui ne reconnaissaient pas les doctrines officielles ont été emprisonnés, torturés, mis à mort à l'instigation d'hommes qui prétendaient agir avec l'assentiment du Christ. Mais cet esprit n'est pas le sien, c'est celui de Satan qui inspire de tels actes.

La persécution est la tactique de Satan pour placer le monde sous sa dépendance. En infligeant de tels traitements à ceux qu'elle croyait dans l'erreur, l'Église a donné de Dieu une caricature.

La parabole du Seigneur nous apprend à nous défier de nous-mêmes et à rester dans l'humilité, ainsi qu'à nous abstenir de juger et de condamner les autres. Tout ce qui est semé dans le champ n'est pas du bon grain et le fait d'appartenir à l'Église ne prouve pas nécessairement que l'on soit chrétien.

Tant que le blé est en herbe, l'ivraie lui ressemble singulièrement; mais cette confusion disparaît à mesure que le champ blanchit et que les épis se courbent, mûrs et bien pleins.

Les pécheurs qui font profession de piété peuvent momentanément se mêler aux vrais disciples du Christ et par leur semblant de christianisme tromper beaucoup de gens; mais au temps de la moisson du monde, il n'y aura pas de doute possible entre les bons et les mauvais. On verra alors ceux qui ne s'étaient joints qu'à l'Église et non au Christ.

L'ivraie peut se mêler au froment et bénéficier avec lui de tous les avantages du soleil et de la pluie; mais au temps de la moisson, on apercevra « la différence entre le juste et le méchant, entre celui qui sert Dieu et celui qui ne le sert pas » (Malachie 3:18). Le Christ lui-même décidera quels sont ceux qui pourront faire partie de la famille céleste. Il jugera tout être humain selon ses paroles et selon ses oeuvres. Une simple profession de foi ne sera d'aucune valeur devant lui; seule la nature du caractère décidera de la destinée.

Le Sauveur ne nous laisse pas entendre qu'un temps viendra où l'ivraie se changera en blé. Le blé et l'ivraie croissent ensemble jusqu'à la moisson qui est la fin du monde. Alors l'ivraie sera liée en gerbes pour être brûlée, tandis que le blé sera amassé dans les greniers célestes. « Alors les justes resplendiront comme le soleil dans le royaume de leur Père. » « Le Fils de l'homme enverra ses anges, qui arracheront de son royaume tous les scandales et ceux qui commettent l'iniquité : et ils les jetteront dans la fournaise ardente, où il y aura des pleurs et des grincements de dents. » (Matthieu 13:41-43)